Synthétiser des molécules complexes, un véritable casse-tête chimique
Pour lutter contre l’antibiorésistance, il est essentiel d’identifier et de développer de nouveaux antibiotiques. C’est l’objectif des scientifiques du projet Chaxatac, qui travaillent sur la synthèse des chaxalactines, des molécules complexes possédant une activité antibactérienne.
Dans un laboratoire de l’Institut des molécules et matériaux du Mans
Le désert d’Atacama à l’origine des chaxalactines
Pourtant, tout ne commence pas dans un laboratoire des Pays de la Loire, mais dans le désert d’Atacama, à l’extrême nord du Chili. Une équipe de chercheurs en bioprospection
La synthèse de ces molécules bioactives en laboratoire est ainsi essentielle pour, à terme, pouvoir produire de nouveaux antibiotiques efficaces. Mais si environ 60 % des médicaments actuellement sur le marché sont des dérivés de produits naturels, « les plantes ou les micro-organismes ne les produisent qu’en toute petite quantité ! On ne peut pas récolter des tonnes de plantes pour en extraire seulement quelques milligrammes de la molécule d’intérêt. Les chimistes doivent trouver une voie de synthèse efficace et rapide pour la produire en plus grande quantité », indique la chercheuse. Or, les produits naturels sont souvent des molécules avec des structures complexes : c’est le cas des chaxalactines. Leur synthèse peut donc demander des dizaines d’étapes, « un peu comme une recette de cuisine qui serait très complexe… Et qui, parfois, à la sortie du four, ne ressemble pas du tout à ce que l’on pensait faire ! plaisante-t-elle. Il arrive qu’au bout de six mois, il faille revoir toute sa stratégie de synthèse… Et tout recommencer. » D’ailleurs, si ladite stratégie peut fonctionner sur une petite quantité, elle peut se révéler inopérante à plus grande échelle. Il faut alors « adapter, modifier les conditions et la synthèse, pour avoir une production intéressante : on peut faire fonctionner la réaction avec 10 % de rendement, mais ce n’est pas efficace. »